À VOIR À LIRE vous parle de “FAUSSE NOTE”

Résumé : Comment vivre confortablement avec son passé ? Faut-il l’effacer ou l’assumer ? 1989. Philarmonique de Genève dans la loge du chef d’orchestre de renommée internationale, H. P. Miller. À la fin d’un de ses concerts, le Maître est importuné par un spectateur aussi admiratif qu’envahissant, Léon Dinkel, venu de Belgique pour l’applaudir. Cependant, plus l’entrevue se prolonge, plus le comportement du visiteur devient oppressant. Il connaît tout de la vie du maestro, dans les moindres détails. Comment est-ce possible ? Qui est-il vraiment ? Quelle est en fait la véritable raison de sa visite ? Le mystère s’épaissit jusqu’à ce que Dinkel dévoile un objet du passé…

Notre avis : Miller (Pierre Azéma) fait une entrée fracassante sur scène. Il est rapidement rejoint par Dinkel (Pierre Deny), tour à tour admiratif et sympathique, mais qui se révèle vite intrusif et inquiétant. Il y a en quelque sorte deux parties dans ce spectacle : la rencontre de façade puis l’affrontement entre deux grands personnages particulièrement bien campés. Miller cherche les ressorts psychologiques de la présence oppressante de Dinkel, jusqu’à ce que les deux individus se dévoilent.
On peut éventuellement ressentir quelques longueurs au début mais elles sont finalement utiles pour créer une montée en puissance afin d’aboutir à une intensité redoutable, pleine de rebondissements. En subissant l’humiliation jusqu’à la perte de la dignité, Miller passe par de multiples couleurs de sentiments. Il en est de même pour Dinkel, victime et bourreau. La musique accompagne toute l’histoire, morceau par morceau, séquence par séquence. La mise en scène compte peut-être un peu trop sur les conventions (fausse porte, fausse fenêtre, fausse glace, violon en play back), mais elle fait preuve de cohérence, stimulant les émotions des spectateurs. 

En menant à la baguette le chef d’orchestre jusqu’à ses derniers retranchements, Dinkel emporte avec lui tout le public dans cette profonde histoire à tiroirs, brillamment écrite par Didier Caron. Beaucoup de choses ont été dites et jouées à propos des traumatismes engendrés par les camps de concentration. Le sujet est ici particulièrement bien traité. Pierre Deny et Pierre Azema sont criants de justesse et de vérité.

 

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