ARTS MOUVANTS vous parle de “JE M’APPELLE ERIK SATIE COMME TOUT LE MONDE”

Lætitia Gonzalbes se penche avec un regard passionné sur la vie du grand compositeur dont les Gymnopédies ont bercé la mélancolie de chacun d’entre nous.

‘Je suis venu au monde très jeune dans un temps très vieux’ .
Lætitia Gonzalbes, nourrie de cette phrase d’Erik Satie, aborde l’originalité d’un être et d’une œuvre souvent mal comprise.

Erik Satie se construit à travers une vie faite de manque : le manque affectif avec la perte de sa mère lorsqu’il a six ans, et le manque de moyens aussi, la misère, celle qu’il nommera la Fille aux grands yeux verts, à force de la côtoyer.
La pièce nous raconte la vie artistique et foisonnante d’Erik Satie dans ce Montmartre qu’il fréquente, côtoyant Mallarmé, Verlaine, Cocteau ou Debussy.
Même lorsqu’il habitera Arcueil, il ne quittera jamais Montmartre, arpentant les kilomètres qui le sépare de son triste appartement, rempli de correspondances qu’il n’a jamais décachetées. 
Lætitia Gonzalbes crée une pièce qui multiplie les références biographiques tout en jouant avec la fiction.
Anna (Anaïs Yazit) apparait sur scène comme personnifiant cette compagne imaginaire d’Erik Satie, cette mystérieuse fille aux grands yeux verts.
L’alchimie entre Elliot Jenicot et Anaîs Yazit opère. Entre fraicheur et intensité, ils forment un duo complice et attentionné.
Erik Satie et Anna s’apaisent autant qu’ils se bousculent portés par une mise en scène à la fois enjouée et délicate.

Lætitia Gonzalbes s’intéresse au processus créatif né de douleurs, d’angoisse et de colère.
Car Erik Satie est en colère. Désavoué par la critique, sa voix s’élève contre ‘les acclamations incompétentes’, le snobisme d’un public et d’une critique dont lui, l’artiste, veut bousculer le confort.
‘Les précurseurs font scandale’.
Lætitia Gonzalbes dessine le portrait d’un esprit révolutionnaire. Renvoyé du conservatoire, souvent hué, il s’élève contre les diktats d’une vérité artistique établie. ‘Il n’y a pas de vérité en art’.
Grand barbu frêle au chapeau melon, fétichiste du parapluie, son portrait s’anime dans le décor.
Les illustrations de Suki donnent vie aux lettres écrites à sa maitresse Suzanne Valadon. Les notes dansent sur les étoiles.
La fiction se mêle aux détails troublants de la vie de l’artiste et les illustrations, la musique, les lumières, fusionnent en une joyeuse création.

Lætitia Gonzalbes lève un voile subtil et poétique sur la vie du grand compositeur torturé.
Je m’appelle Erik Satie, comme tout le monde, nous parle à tous. Comment composer avec le manque, comment composer avec soi-même ?
Lætitia Gonzalbes met en scène avec grâce l’artiste aux pianos entremêlés qui compose la partition de la vie faites de Vexations et de Gymnopédies.

 

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