ARTS MOUVANTS vous parle de “Pas d’souci ?’ LES DERNIÈRES

Des ombres chinoises projetées, une musique lounge accueillante, le public s’installe tranquillement dans cette ambiance feutrée.
Arrive alors le feu d’artifice. 
Philippe Fertray mi-clown, mi-explorateur, entre en scène :  dès les premières secondes, une énergie communicative envahit la salle jusqu’à la fin de ce seul en scène.

Avec un langage inventif et poétique et une ironie délicieuse, Philippe Fertray décortique la sémantique du discours ambiant, qu’il soit médiatique, publicitaire, ou tout simplement courant.
Les chaînes d’information en chaîne, ‘les Tristine Angoisse’ ‘chronicreuses’ des émissions TV, le show biz, l’art contemporain, pôle emploi…, tout le monde a le droit à la faveur de son regard aiguisé.

Qu’il mime un citrique d’art, un expert de l’expertise, ou un footballeur, il met en évidence avec un humour plein de philosophie, l’absurdité des mots détournés et vidés de leur sens.
La communication n’est qu’une accumulation d’éléments de langage propre à un entre-soi, où chacun s’écoute soi-même sans vraiment parler à l’autre.

Il décortique nos tics de langage et pointe les tournures désormais négatives qui ponctuent nos expressions quotidiennes.
Les bisous se disent mais ne se font plus.
Les ‘pas de souci’ ont remplacés les ‘avec plaisir’!

S’il pointe du doigt les abus textuels et les virus langagiers ce n’est pas en tant que grammairien ou académicien choqué de l’usage de la langue. 
Son message est engagé.
Quand le temps qu’il fait devient la principale préoccupation des journalistes, et que les ‘on se retrouve après ça’ occupent autant d’espace que l’information elle-même, il serait peut être temps de s’inquiéter.

Dans une mise en scène vive et rythmée Philippe Fertray passe au scanner linguistique le langage de notre société. Son sens de la dérision et de l’analyse touchent juste à chaque portrait.
La salle est conquise par cet instantané d’une société où l’injonction à la réussite et le modèle américain s’immiscent dans nos expressions langagières, jusqu’à en perdre notre latin.