••• HISTOIRE(S) DE SENTIMENT(S) > Article de Marie-Laure de VIENNE pour L’ÉVASION DES SENS •••

Un titre énigmatique. Sur scène, une simple et unique caisse en bois. Pour cette Première, la salle est bondée, dans l’expectative… La caisse s’ouvre, dévoilant un homme recroquevillé.

«Vous avoir devant moi Madame et garder en même temps mon coeur étouffé dans ma poitrine, ce n’est pas possible. C’est pour cela que je préfère le sortir et le mettre devant vous, au milieu de la table. Comme ça on pourra parler à coeur ouvert.»

Commence alors, autour de cette boîte, le jeu poétique et torturé d’un homme amoureux qui invective une femme à jamais absente de la scène. Il met en scène son amour, son désir, ses fantasmes et ses râtés. Sensuel, le texte de Matéi Visniec plonge dans l’absurde, le fantastique.

Salvatore Caltabiano se joue du texte, de cette caisse qu’il manipule, déplace, incarne, s’adressant encore et toujours à cette femme qui le hante (« Vous m’habitez trop fébrilement Madame. Vous m’habitez trop. Je n’en plus. ») ; mais qu’il ne parvient pas à rencontrer véritablement.

À son insu la nuit, son cœur s’échappe de sa poitrine, fugue pour retrouver sa belle tandis que Salvatore dresse son escargot… à explorer le corps rêvé de cette femme.

Allez voir ce spectacle, présenté au théâtre Florentin d’Avignon, pour l’auteur, dramaturge et poète franco-roumain qui affectionne les approches et les titres décalés. Pour Serge Barbuscia dont la mise en scène minimaliste nous plonge dans les méandres fantasmatiques de cet homme infiniment amoureux. Pour Salvatore Caltabiano, facétieux et si touchant.

Allez-y pour cette petite salle qui favorise tant la proximité avec les comédiens !