CULTURACTU vous parle de “JE M’APPELLE ERIK SATIE COMME TOUT LE MONDE”

L’humour, la poésie, la musique sont au Théâtre de la Contrescarpe avec la pièce “Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde”, une fiction animée nous plongeant dans la vie et l’oeuvre d’Erik Satie, compositeur à la vie souvent méconnue, malgré la richesse de son oeuvre. En tête d’affiche et dans le rôle titre, l’excellent Elliot Jenicot, ancien de la Comédie Française et Anaïs Yazit, jeune talent solaire dans cette pièce.

La scène de la Contrescarpe s’ouvre sur un décor à la fois épuré et poétique. Le public est d’emblée propulsé à l’hôpital de Honfleur au sein du service psychiatrique. Deux personnes se sont enfuies… d’une réalité: il s’agit du génial et incompris compositeur des Gymnopédies et d’Anna, son infirmière. Tout au long de la pièce et au crépuscule de sa vie, il va évoquer le fil de son existence.

Pour ceux qui ne connaissent pas la vie du compositeur, Erik Satie naquit à Honfleur en 1866 d’une mère écossaise. Avec son frère Conrad, il suit son père à Paris, après la disparition de sa mère. Puis, vinrent les premières leçons de musique et l’apprentissage du piano. Mais rien ne se passe comme prévu. L’élève Satie obtient des résultats décevants. Son père devenu éditeur de musique publie ses premières compositions. Pendant cette Belle Epoque, Erik Satie fréquente le célèbre “Chat Noir”. Il rencontre Claude Debussy, devenu son ami qui va orchestrer ses fameuses “Gymnopédies”. Pour ceux qui ne connaissent pas la définition même du terme, sachez que les Gymnopédies sont des pièces légères, atypiques bravant les règles de la musique classique. Satie lui-même définit son oeuvre de « musique d’ameublement » qualifiant ainsi certaines de ses compositions et indiquant qu’elles pourraient être utilisées comme fond sonore. Ami de Maurice Ravel mais aussi Jean Cocteau, Pablo Picasso… l’homme est atypique.
Artiste fantasque… poète, souvent incompris, il est aussi précurseur, lorsqu’il compose la première musique de film, basée, non pas sur l’intrigue mais sur le rythme et la fréquence des images. C’est avec René Clair et le fim “Entr’acte”, dernière oeuvre signée avant qu’il ne s’éteigne, le 1er juillet 1925.

C’est ce parcours riche qu’a librement écrit et mis en scène Laetitia Gonzalbes. L’instant est poétique, vif, sensible, délicat, musical et dansant. Il révèle le compositeur dans sa complexité d’artiste dont la vie fut aussi riche de création qu’empreinte de misère. A noter les poétiques illustrations qui animent la scène et sont signées Suki.

Marie-Hélène Abrond

 

Share This