Françoise Boursin, pour CULTURE-TOPS et OUEST FRANCE vous parle de “LES PARIAS CHEZ VICTOR HUGO”

RECOMMANDATION
En priorité
A partir de quatre personnages de Victor Hugo, Pierrette Dupoyet réussit à embarquer totalement les spectateurs dans une évocation bouleversante du combat des parias d’hier et d’aujourd’hui pour la dignité. 


THÈME
Un parallèle entre des personnages du XIXème siècle décrits par Victor Hugo et les parias d’aujourd’hui. Pour l’origine de ces quatre personnages, Fantine et Jean Valjean viennent des « Misérables » (1862), Claude Gueux du roman du même nom(1834), et Gwynplaine de « L’homme qui rit » (1869). Pierrette Dupoyet établit une passerelle entre ces exclus, avec leur combat pour la dignité et le regard que porte sur eux la société, d’une part, et la situation aujourd’hui, exprimée à la fin de la pièce, mais aussi par flash à l’intérieur de chacun des parties qui présentent les quatre personnages.C’est bien un combat pour la dignité, qui traverse les siècles.
La pièce a été jouée dans le monde entier (Liban, Emirats Arabes Unis, Seychelles, USA, Turquie, Haïti, Madagascar, Allemagne, Azerbaïdjan, Comores, Ile Maurice, La réunion, Bangladesh), elle promeut un thème éternel et mondial à travers un auteur mondialement connu, Victor Hugo.

POINTS FORTS
C’est un extraordinaire travail de remise en perspective et d’écriture pour donner un sens aux paroles de ces personnages. A travers ces quatre parias, le plaidoyer pour la justice et la dignité est logique.
C’est aussi une incroyable performance de Pierrette Dupoyet qui joue les quatre rôles: le rôle féminin à visage découvert, les trois rôles masculins avec des masques; et même aussi les rôles des interlocuteurs des personnages; et tout cela reste crédible.
La pièce elle-même est passionnante et pleine d’émotion, sans tomber, ou très rarement, dans un sermon moral.
La mise en scène est minimaliste: un grand portrait de Victor Hugo et deux petits: l’auteur veille sur l’usage qui est fait de son oeuvre, il joue une sorte de rôle de grand témoin. Les masques que porte l’actrice contribuent à la mise en scène, et donnent une tonalité parfois effrayante. 
Faire tenir autant de portraits et de messages en à peine plus d’une heure, c’est un défi et un défi réussi.
 

POINTS FAIBLES
Ce n’est pas un point faible, mais c’est un risque: une pièce à message social peut faire tomber dans l’ennui ou le rejet. Mais Pierrette Dupoyet évite largement cet écueil grâce à l’appui littéraire évident et l’annonce claire de ses intentions.

EN DEUX MOTS ...
C’est une plongée dans le monde des parias, d’hier et d’aujourd’hui, qui respecte les textes de Victor Hugo tout en donnant un caractère éternel aux quatre récits-plaidoyers. C’est émouvant et le spectateur se sent fortement impliqué.
 

UN EXTRAIT
« Dormez, Monsieur Hugo, vous avez bien travaillé…Cet oeil qui était dans la tombe et regardait Caïn, cette conscience que vous nous avez transmise est là. Le relais est passé, il ne faut pas vous inquiéter. »
 

L’AUTEUR
L’auteur est double: 
C’est Victor Hugo pour les quatre histoires, à travers « Les Misérables », « Claude Gueux » et « L’Homme qui rit », Victor Hugo géant de la littérature du XIXème siècle (1802-1885), poète, romancier, auteur de pièces de théâtre, essayiste..
Mais c’est aussi Pierrette Dupoyet, auteur, metteur en scène et actrice, qui a choisi des passages pour en faire un tout cohérent et souligner la coloration sociale d’hier, mais aussi d’aujourd’hui.