Louis-Bertrand RAFFOUR, pour CULTURE-TOPS vous parle de “GALATÉE ou la rencontre surréaliste de Dalì et Gala”

THÈME
Galatée ou la rencontre surréaliste de Salvador Dali et Gala. Une interprétation onirique et surréaliste du coup de foudre  de deux des fous les plus géniaux du XXe siècle. Une ode à l’amour, à la création deux facettes d’un même feu.
Transgressant cupidité et possession, la rencontre de Dali et de Gala – autrement dit l’Amour –  libère le génie de la création.

POINTS FORTS
– Les acteurs : tous issus de la Compagnie du Cri, ils portent la pièce avec justesse et une indéniable énergie.  Une mention spéciale pour Baptiste Carrion-Weiss qui campe un Dali hypnotique, hystérique, impressionnant. De crises créatives fulgurantes aux profonds abattements sous l’emprises de substances douteuses, il réussit à nous laisser croire… que le jeune Maître est là. Lola Blanchard materne Dali, son frère, en parfaite mégère, son autoritarisme est convaincant. Eva Ramos livre une Gala ambigüe, diaphane et évanescente, caractérielle et manipulatrice.
– la mise en scène : Mathilde Aurier, par ailleurs auteure de la pièce, signe une mise en scène efficace. Dans le petit espace de ce théâtre, elle réussit à faire exister deux lieux réels : celui de Dali dans son atelier et celui de Galla en hôpital psychiatrique… auxquels s’ajoutent les lieux imaginaires des phantasmes des deux protagonistes. Tout cela avec trois ampoules, un vieux fauteuil et une chaise roulante !
– la pièce : pour la composition des personnages.  Dali est plus que crédible, Gala  est très plausible,  Paul Eluard et  Maria – la sœur de Dali –  en contrepoints des deux ‘héros’ -jouent, à ce titre, parfaitement leurs rôles (avec une petite réserve pour le personnage d’Eluard, traité ici à la Feydeau, ce qui contribue à le dévaloriser).
– Egalement, pour les passages incessants du rêve à la réalité, très efficacement rendus, et qui nous font peu à peu abandonner toute lecture rationnelle.
– de nouveaux et jeunes talents : toute la troupe, les quatre comédiens et l’auteur metteur en scène appartiennent à une nouvelle génération  qui n’a pas froid aux yeux. S’attaquer à un tel sujet dans une telle économie de moyens et réussir… cela mérite d’être encouragé !

POINTS FAIBLES
–        La composition un peu déséquilibrée de la pièce : si la lente approche réciproque de Gala et de Dali occupe dans une aurore naissante toute la scène et toute la pièce…  l’extravagante lumière créatrice de la rencontre n’a pas la clarté ni la fulgurance que l’on pourrait attendre.

EN DEUX MOTS…
Amour et Création / Rêve et réalité / Nouveaux talents.

UN EXTRAIT
« Puisque c’est à travers mes rêves que je vois Gala, peut-être que je peux aussi communiquer avec elle par ce biais… »