FOU D’ART vous parle de “JEANNE D’ARC”

Jeanne d’Arc prend son envol au Théâtre de la contrescarpe
Créé et interprété par Monica Guerritore en Italie en 2004, Jeanne d’Arc a été joué plus de 450 fois devant près de 300 000 spectateurs en Italie, à Londres et à New-York, jusqu’en 2019.

Tout juste 100 ans après la canonisation de la pucelle d’Orléans, le spectacle est interprété par Séverine Cojannot, sous la direction de Monica Guerritore, depuis le 1er octobre 2020, au Théâtre de la Contrescarpe.

« Jeanne d’Arc rentre à la maison »

Je suis heureuse que Jeanne rentre enfin à la maison, c’est une expérience très émouvante. J’ai été conquise par Jeanne qui a eu le pouvoir de changer le cours de l’Histoire parce qu’elle a écouté sa voix intérieure. Cette même voix intérieure que la vie m’a appris à écouter, depuis mes débuts avec Strehler, quand un ange m’a conduite au Piccolo teatro.

Au XVème siècle, il y avait un grand projet politique mené par les intellectuels, les professeurs universitaires, les évêques et les hommes de pouvoir. Et soudain, une jeune fille, une bergère se met en travers du chemin. Elle risque de faire échouer le projet. De plus, elle dit parler au nom de Dieu. Et cela est inacceptable. Cette jeune fille est un obstacle. Il faut l’éliminer. Et c’est ce qui s’est passé…” MONICA GUERRITORE

Après de multiples adaptations théâtrales et cinématographiques, Monica GUERRITORE reprend l’histoire de Jeanne d’Arc et nous donne sa vision de cette femme, à la fois si connue et décriée. Mythe ou réalité, on peut se poser naturellement la question, mais là n’est pas le sujet. Car, à travers le récit de Jeanne d’Arc, c’est surtout au nom de toutes les femmes que la pièce parle. Et c’est aussi sur ce point précis que Jeanne d’Arc, ce seul en scène est très réussi.

Jeanne prend de la hauteur et nous attrape au vol dans ses bras puissants.

À l’aide d’une scénographie, absolument magnifique, assez rock et remplie de références contemporaines, Séverine COJANNOT illumine littéralement la scène du théâtre de la Contrescarpe et nous ébloui par sa force et sa nature de comédienne.

Histoire d’un challenge ahurissant
À cause de la crise sanitaire, qui n’en finit plus, après avoir été déprogrammée une première fois, les répétitions de Jeanne d’Arc ont repris, à Paris, mais sans sa metteuse en scène, bloquée en Italie. C’est donc à distance et avec la collaboration artistique de Bénédicte BAILBY et Jeanne SIGNÉ, que la pièce a été finalisée. Dans cette atmosphère particulière, Séverine COJANNOT nous livre sa prestation sublime. Tout en puissance, élégance, douceur et émotions.

Étonnement et émerveillement, ce spectacle nous réserve bien des surprises. Loin d’être sinistre, comme on pourrait s’y attendre, c’est surtout l’éblouissement qui nous envahit et Jeanne devient vivante grâce aux actes de son procès et aux mots de Monica.
Les très belles musiques résonnent et se mêlent aux images de Dreyer et de Martin Luther King.

Jeanne d’Arc (et son interprète, Séverine COJANNOT) fait partie de mes grands coups de cœur de la saison.

Le théâtre de la contrescarpe a choisi pour sa réouverture, une immense pièce. Une pièce qui pourrait déstabiliser par ses choix artistiques, mais qui restera une prouesse d’interprétation et un grand moment de théâtre.
En portant ces textes au public, ces paroles, on se rapproche de ces hommes et de ces femmes qui ont su “regarder les étoiles”.

 

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