••• Rencontres avec Alix Schmidt, Solène Gentric et Leanna CHEA, par Ingmar Bergmann pour Carré Or TV •••

Un véritable ascenseur émotionnel !

Actuellement à l’affiche, au Théâtre de la Contrescarpe, trois comédiennes incarnent, pour nous, vingt-cinq monologues différents, qui se suivent mais ne se ressemblent pas, afin de nous offrir de découvrir une infinité de femmes. Elles nous parlent de l’amour, de leurs envies, de leurs aspirations, de l’enfance, de la famille, de la maladie et de la mort, en un mot : elles nous parlent de la vie, avec une sensibilité émouvante et drôle, nous invitant à poursuivre notre exploration de l’humain, d’après le livre « Brèves de Femmes » de Fabien Le Mouël. Si vous n’avez pas le temps de lire, sortez au Théâtre !
En attendant, nous avons rencontré, pour vous, Alix Schmidt, Solène Gentric et Leanna Chea, les trois actrices qui portent ce spectacle mis en scène par François Rimbau, assisté de Fabien Le Mouël, que nous avions déjà interrogés, il y a plusieurs mois, lors de la création. Comme les personnages qu’elles interprètent, elles viennent toutes d’horizons très différents, et renouvellent notre vision du monde du théâtre actuel. Voici trois portraits de femmes, avant d’aller voir « Fragments de femmes ».

ALIX SCHMIDT

Après une formation au Cours Florent, Alix Schmidt travaille au Studio des Variétés, à Paris, et devient chanteuse. Suite à cela, elle évoluera dans le milieu de la musique et appartiendra même à un groupe de rock pendant dix ans, avant d’être meneuse de revue à Réno, dans l’état américain du Nevada où, pendant dix ans, elle fait revivre, à la Scène, pour le public outre-Atlantique qui les affectionne particulièrement, les personnalités française d’Édith Piaf ou d’Yves Montand. Après ce parcours exaltant et singulier, voilà bientôt sept ans qu’elle a effectué un retour à la Comédie. L’expérience sera variée et excitante, l’entraînant d’abord au Festival d’Avignon, pour embrasser la provocation avec le spectacle « Cupidon part en vrille », au Théâtre des Trois Soleils, explorant les possibilités de l’inépuisable thème du théâtre dans le théâtre. On a eu aussi l’occasion de l’applaudir dans un « one woman show », au Théâtre Le Paris, à Avignon, et dans « Antigone » de Sophocle. Elle a joué dans plusieurs court-métrages et longs-métrages, tels que : « Micke », « Mon père en grand », « Le sacre de l’été », et a même prêté sa voix, en off, dans « Code d’honneur ».

Alix Schmidt a eu envie de rejoindre le projet « Fragments de femmes » alors qu’elle jouait dans le spectacle « Jalousie en trois lettres » d’Esther Vilar : comme elle le fait remarquer elle-même avec un amusement communicatif, à cette époque déjà, il s’agissait de trois femmes en Scène, ensemble ! Avant de prendre part à cette aventure, Alix Schmidt avait déjà eu l’occasion de rencontrer le metteur-en-scène François Rimbau. D’emblée, elle se sent interpellée par l’image de l’affiche du spectacle « Fragments de femmes », auquel elle est venue d’abord assister en tant que Spectatrice. À leur tour, François Rimbau et Fabien Le Mouël sont venus la voir jouer dans « Jalousie en trois lettres » et lui ont proposé de remplacer l’une de leurs comédiennes qui ne pouvait pas assurer la reprise ; c’était il y a très peu de temps, mais elle adore relever les défis.

Dans la pièce, la réplique préférée d’Alix Schmidt, est : « j’ai décidé de guérir, que ça te plaise ou non » : car elle trouve qu’on y sent toute la détresse de la personne qui a vécu, qui a souffert de cet amour-là, qui repart à zéro, qui se donne un nouveau départ dans la vie. Alix Schmidt considère que cela lui ressemble assez de ne pas rester sur un échec : elle se dit toujours prête à repartir.

D’après Alix Schmidt, ce qui plaît le plus au Public, dans ce spectacle, c’est quand les actrices sont toutes les trois, ensemble, sur la Scène, car c’est drôle, cette connivence, entre ces trois femmes. Le Public est saisi et ne sait plus où donner de la tête, notamment à cause de l’alternance entre les monologues et les duos. Les trois actrices sont drôles, nous montrant des femmes fortes, de celles qui ne craignent pas de s’engager. Elles sont volontaires et féministes.

SOLÈNE GENTRIC

Solène Gentric est issue du théâtre amateur qu’elle a découvert parallèlement à ses études scientifiques, qui ne la prédestinaient pas au théâtre. Pour se préparer à son métier, elle est élève du Cours Florent, avant d’entamer sa carrière dans le riche domaine du théâtre jeune-public. Déjà, à l’époque, elle a connu l’expérience d’être sur la Scène pour un spectacle interprété par trois femmes. Ce fut l’occasion de tournées en milieu scolaire dans le sud de la France, avant de jouer dans des comédies produites par la compagnie « Angels Factory », qui n’avait pas encore créé le spectacle « Fragments de femmes », et dans le cadre de laquelle elle a pris part aux créations des spectacles « Jeffrey » ou, encore, « Tombée(s) du ciel », deux pièces de Jérôme Sanchez. Lorsqu’on lui demande ce que représente cette Équipe, à ses yeux, elle répond, sans hésiter un seul instant : « c’est la famille ». Elle a aussi joué dans « Cendres de cailloux » du québécois Daniel Danis et dans des court-métrages.

Solène Gentric a connu le metteur-en-scène François Rimbaud et l’auteur Fabien Le Mouël sur leur précédent projet avec la compagnie « Angels factory ». C’est dans ces circonstances favorables que Fabien Le Mouël lui parlait souvent de son nouveau texte avec passion, si bien qu’elle a tout de suite été intéressée par l’idée d’en faire partie.

Dans la pièce, ce qui plaît le plus à Solène Gentric, ce n’est pas une réplique en particulier ; elle aime les moments où les actrices sont toutes les trois, sur la Scène : c’est l’énergie des autres, qui lui plaît. Elle ne se considère pas comme une femme de « one women show », elle aime le fait de jouer ensemble à trois. Elle aime néanmoins beaucoup dire certaines répliques, telles que : « mes mains se souviennent de toi lorsque j’ai pressé la détente pour me libérer de ton emprise ».

D’après Solène Gentric, ce qui plaît le plus au Public, dans ce spectacle, c’est la partition du personnage de « Denise », complètement décalé et absurde, et qui surprend vraiment les gens.

LÉANNA CHEA

Léanna Chea a un mené un parcours de danseuse pendant dix ans, jusqu’au moment où elle a ressenti l’envie d’une reconversion. Elle s’est alors inscrite au Studio Pygmalion, sur les bancs duquel, parmi ses condisciples, elle a rencontré Fabien Le Mouël, en 2013, le futur auteur de « Fragments de femmes », alors en train d’approfondir sa propre formation d’acteur. Assez rapidement, elle joue le premier rôle dans un court-métrage financé par le Centre National du Cinéma, puis dans deux longs métrages qui vont sortir prochainement, dont un avec l’actrice québécoise Anne Dorval, que le public français a découverte dans les films du réalisateur Xavier Dolan. Sa première expérience de la Scène est récente mais dans un haut lieu du théâtre, à Paris : c’était à la Gaîté Montparnasse, avec le spectacle « Ça coule de source », de Louis Michel Colla, il y quatre mois.

Leanna Chea a d’abord vu la pièce « Fragments de femmes » au Théâtre de la Huchette, qu’elle a immédiatement adorée car, elle aussi, a le goût du défi : chaque scène est un monologue, et la succession des différents monologues lui donne l’occasion d’interpréter plusieurs rôles de femmes au cours du même spectacle ; à cela s’ajoute encore le fait qu’elle ait dû remplacer l’une des comédiennes de la Distribution initiale, indisponible : c’était presque au pied levé ; mais elle aime cette sorte de gymnastique.

Dans la pièce, la réplique préférée de Leanna Chea, est : « un premier amour, ça ne s’oublie pas », car Leanna Chea dit d’elle-même qu’elle est une amoureuse, qui adore les histoires d’amour. Par ailleurs, et même si ce n’est pas son « hobby », elle adore quand le spectacle lui donne l’occasion de dire : « j’adore me bourrer la gueule ! »

D’après Leanna Chea, qui vient à peine de rejoindre l’Équipe, ce qui plaît le plus au Public, dans ce spectacle, ce sont aussi les moments où les actrices sont à trois, sur la Scène. Pour elle aussi, le moment du personnage de « Denise », est emblématique et enthousiasmant pour le Spectateur ; mais elle considère que c’est tout du long de la représentation, que le Public est entraîné, sans répit, par la pièce. Pour elle, les spectateurs rateraient quelque-chose, s’ils ne venaient pas les voir jouer ce spectacle. Elle considère que chaque personne, dans le Public, peut se retrouver dans chacun des personnages de ces femmes, quel que soit son âge, qu’il soit ou non une femme. Sans arrêt, on y saute d’une courte scène à l’autre. C’est extrêmement riche et les Spectateurs n’ont pas le temps de s’ennuyer ! À tel point que certains reviennent plusieurs fois, d’une représentation à l’autre, car le spectacle va très vite et on n’a pas trop d’une seule fois pour profiter d’une telle traversée dramatique, où l’on passe, à toute allure d’une émotion à une autre, où l’on chante et où l’on danse ! En effet, dans « Fragments de femmes », tout est très mélangé, c’est comme dans la vie !

Âmes sensibles, ne vous abstenez surtout pas de venir aussi : vous risquez de passer un très agréable moment avec vos amis, et d’en revouloir encore, ensuite. On vous aura prévenues…

Un coup de cœur théâtral.


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