Froggy’s Delight vous parle de “L’ÉTRANGE AFFAIRE ÉMILIE ARTOIS”

Un homme une femme sans chabadabada lelouchien pour “L’étrange affaire Emilie Artois” mais une situation de huis clos résultant d’un interrogatoire policier entre un lieutenant novice et fébrile et une suspecte calme et manipulatrice.
Une coupable qui confirme les faits qui lui sont reprochés, et même davantage, ce qui non seulement déstabilise son interlocuteur mais renverse le rapport de forces et installe un climat de thriller psychologique.

Pour leur premier opus en co-écriture, de surcroît dans un genre délicat à porter sur scène, Lucas Andrieu et Emma Baudoux ont parfaitement réussi leur entreprise placée sous influence cinématographique assumée, de Hitchcock pour la gestion du suspense à Paul Verhoeven avec un inquiétant caractère féminin, version ange apocalyptique de la femme fatale de “Basic Instinct”.

En effet, ils gèrent efficacement le suspense par la tension trouble qui s’installe entre les protagonistes, la multitude d’indices esquissant de vraies fausses pistes, et vice-versa, et la gestion efficace du suspense et s’offrent même le luxe d’un dénouement à double détente.

La mise en scène claire et fluide de Damien Dufour orchestre et soutient la partition ressortant au mécanisme du jeu du chat et de la souris mené tant entre les personnages qu’avec le public, lequel est superbement mené par Lucas Andrieu et Elena El Ghaoui, jeunes comédiens plus que prometteurs au jeu déjà assuré.

Donc promesse tenue et excellent spectacle…