HUMANVIBES vous parle de “FAUSSE NOTE”

Au cœur du 5è arrondissement de Paris, le Théâtre de la Contrescarpe propose des spectacles audacieux qui font réfléchir. Didier Caron a été touché par la grâce en écrivant le texte de Fausse Note, et mis en scène par lui-même et Christophe Luthringer. Les deux comédiens, Pierre Deny et Pierre Azéma, nous proposent une prestation époustouflante, en nous faisant vivre une expérience théâtrale hors du commun ! Maud Mazur, programmatrice et directrice artistique de l’établissement a le don pour proposer une sélection de spectacles qui sortent des sentiers battus, qui font la part belle aux textes et aux jeux des comédiens.
Didier Caron nous a fait un beau cadeau de Noël. Déjà proposé dans un premier temps avec Christophe Malavoy et Tom Novembre, sa nouvelle version de sa pièce Fausse Note, retravaillée, est un bijou théâtral qu’il faut s’empresser de voir. Pourquoi ? Parce qu’elle évoque une période sombre de l’histoire à travers un face à face qui laisse sans voix.

On assiste à un combat de boxe où chacun des protagonistes distribue ses coups, les esquives parfois acculé dans les cordes, mais repartant à l’attaque. Ici point d’arbitre, mais un public qui assiste à ces échanges musclés sans piper mot, le plongeant dans une apnée collective. Didier Decoin nous ensorcelle en maniant sa baguette tragique comme celle de son chef d’orchestre, le tempo allant crescendo jusqu’au dénouement final.

Il y a du cinéaste Italien Sergio Leone chez les metteurs en scène Didier Caron et Christophe Luthringer. Par le jeu des regards, les situations, les revirements, les silences…La pièce aurait pu s’appeler en sous-titre Il était une fois dans l’Est, car le hasard a fait que j’ai vu ce spectacle le lendemain du 30è anniversaire de la chute du mur de Berlin, ville qui a son importance, mais pas seulement, dans l’histoire à travers le rôle du chef d’orchestre H.P.Miller que tient Pierre Azéma. Cette désintégration, on la retrouve aussi sur scène au fur et à mesure d’un duel psychologique qui laisse transpiré les ressentiments et les haines des 2 personnages. Ici, point d’harmonica, mais un violon et Mozart qui tiennent une place essentielle dans ce huis-clos étouffant. Je pense à 2 scènes exceptionnelles qui laissent pantois, tant elles débordent d’émotion.
Pierre Azéma et Pierre Deny sont parfaits, ils font honneur à leur métier, car il faut être au top pour restituer pareil texte, et nous montrer les différentes facettes de l’être humain, victimes et bourreaux à la fois. A la fin du spectacle, j’ai rarement vu des comédiens aussi marqués par leur performance. Il faut dire que le succès de cette pièce est due aussi en partie grâce à la salle du Théâtre de la Contrescarpe. Le public est très proche des comédiens, on a l’impression de se retrouver aussi dans la loge où se déroule cette joute verbale. De même que le choix de mise en scène sur les entrées et les sorties de Pierre Deny amplifie cette impression.

C’est donc sans aucun bémol que je vous invite à voir Fausse Note, qui mériterait d’être nominée aux futurs Molières, et pourquoi pas remporter un trophée. Cette pièce dramatique, qui peut-être ne figure pas à votre agenda, doit pourtant y être inscrite absolument, vous ne serez pas déçu, étant certain que vous partagerez un grand moment. Dominique Gosset, directeur du Théâtre de la Contrescarpe, et Maud Mazur peuvent être fiers de présenter ce spectacle, qui restera pour moi une réussite incontournable de cette fin d’année théâtrale.

 

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