INTERVIEW DE PIERRE AZÉMA (FAUSSE NOTE) PAR FILLE DE PANAME

Pierre Azéma triomphe actuellement sur la scène du Théâtre de la Contrescarpe aux côtés de Pierre Denis, dans le spectacle Fausse note de Didier Caron. Il y incarne un chef d’orchestre rattrapé par un passé qui ne passe pas. Voici son Paris.

Depuis quand êtes-vous à Paris ?
Je suis arrivé officiellement de Toulouse en 1991, après mon service militaire dans les Pyrénées.
Votre premier souvenir à Paris ? 
Il remonte à plus loin, j’avais une dizaine d’années et je venais à Paris avec des amis de mes parents. J’étais fan de foot et l’idée était de devenir footballeur, pas encore comédien. Monique et Daniel, qui travaillaient, entre autres, dans les buvettes autour du Parc des Princes, m’ont obtenu une place de ramasseur de balles. C’était un moment incroyable pour moi à l’époque.   
Paris vous le/ la définiriez comment ? 
Immense et minuscule à la fois. Immense par les opportunités, les rencontres et la multitude de gens que l’on peut y croiser ; et minuscule, tant je reste souvent par périodes dans le même quartier, les même lieux, restaurants, cafés, boutiques…
Quel est votre ou vos endroit(s) favori(s) à Paris ?
En ce moment je fréquente beaucoup un endroit qui s’appelle La Montgolfière, au 25 rue Yves Toudic, dans le 10ème arrondissement. C’est en fait une salle de sport mais « pas que ». On y trouve un bar à jus, un espace de co-working et bien sûr, tous les équipements modernes d’une salle de gym. Elle a ceci de particulier qu’elle a été créée dans une ancienne usine de montgolfière, elle est baignée de lumière, calme, paisible. C’est presque une seconde maison. 
Quel est votre musée favori ? 
Sans originalité : le Musée Rodin. Il y a une grande force dans les personnages que Rodin a sculptés et j’y vais à chaque création, pour m’en inspirer dans mes personnages.
Un restaurant fétiche ? 
Ça répondra aussi à la question suivante, car c’est autant un restaurant qu’une boutique… Je vais en général faire le plein de produits italiens chez Maurizio et Conccetta, qui tiennent la Taverna Baraonda, au 47 rue de Maubeuge dans le 9ème arrondissement. Ils sont accueillants, pros et vendent des produits magnifiques. Ils organisent également des soirées à thèmes régulièrement, on y parle fort et avec les mains et c’est un bonheur de convivialité à chaque fois !
Une boutique fétiche ? 
Le petit marchand de fleurs à la sortie du métro République, au tout début du boulevard Magenta. J’adore offrir des fleurs à mon amoureuse et il me fait les plus beaux bouquets de roses ! 
Un salon de thé, un café, un brunch ou autre à recommander ? 
En ce moment, en jouant au Théâtre de la Contrescarpe, j’avoue vouer un véritable culte au fish&chips du café/restaurant La Petite, au 53 rue Lacépède dans le 5ème arrondissement. D’autant que le personnel est très sympa ! Difficile de se freiner pour ne pas en manger un tous les jours avant de jouer, mais Didier Caron n’aimerait peut-être pas que je ne rentre plus dans mon smoking de chef d’orchestre…
Quel est votre quartier préféré ?
J’ai eu énormément de plaisir à habiter rue Lepic et à fréquenter le quartier des Abbesses. Un vrai village dans la ville ! J’ai eu la chance de jouer La règle du jeu, une adaptation théâtrale du chef d’oeuvre de Renoir, au Trianon. Et je me souviendrai toute ma vie du sentiment de plénitude que j’avais à quitter mon appartement pour traverser le quartier des Abbesses à pied, afin de me rendre dans ce beau théâtre pour y faire mon métier. C’était extraordinaire comme sensation.
Comment vous déplacez-vous à Paris ? 
J’ai tout utilisé en plus de 25 ans… La voiture, la moto, le scooter, le vélo, le skate électrique, la trottinette électrique… Tous ces moyens de transport engendrent beaucoup de stress dans Paris, alors finalement, j’en reviens au bon vieux métro/bus/marche.  Même s’il y a parfois de petits inconvénients, ce combo-là me permet de me concentrer sur le prochain rendez-vous, ou bien de lire et d’apprendre mes textes, ou de simplement comme tout le monde ,de faire le vide en surfant sur mon iPhone ! 
Que diriez-vous à Paris ?
« Ceux qui s’échinent à te refaire les façades à coup de botox et de chirurgie esthétique, se trompent. Tu as besoin qu’on prenne soin de toi, qu’on vide tes poumons de la saloperie qui s’y accumule, que l’on te remette en bonne santé. C’est de cette façon que tu reprendras des couleurs et que tu reviendras la plus belle ville du monde ! »
Si Paris était une chanson / une musique ?
C’est lié a un souvenir personnel :  À Paris… de Yves Montand. Je l’ai chanté un jour dans un stage de chant et c’est sûrement l’un des plus beaux massacres qu’il y ait eu de ce bel hommage à Paris !
Si Paris était une odeur ?
J’adorerais que ce soit une odeur de roses resplendissantes, mais….
Votre saison préférée à Paris ?
J’ai un faible pour le mois d’août, lorsque Paris est « vide ». Je reviens en général d’un festival d’Avignon chaud et éreintant et Paris devient pour moi synonyme de vacances et de calme ! Paradoxal ! 
Un bar préféré, un lieu la nuit ? 
Finalement, notre bar préféré avec ma compagne, la réalisatrice Sabine Crossen, c’est la fontaine à eau, sur le bord du canal. On fait des expéditions d’eau ! On prend une vingtaine de bouteilles vides, qu’on remplit d’eau plate et pétillante de Paris ! Ça nous fait la semaine et on adore le principe ! Ce qui est très étonnant, c’est qu’il n’y ait pas grand-monde qui se serve de cette fontaine… On attise même pas mal la curiosité des gens !
Paris le matin ? 
Ce sont plus des souvenirs de mes années de noctambule. Je travaillais en boîte de nuit au Palace (avant que ça ne devienne un théâtre), j’avais les cours d’art dramatique la journée. Le tout petit matin, à 5 heures, lorsque je rentrais chez moi avec le premier métro, je croisais les alcoolisés le week-end, les travailleurs la semaine. Je me sentais pleinement Parisien, alors que cela faisait à peine une paire d’années que j’étais arrivé. C’était une sensation très enivrante 
Paris le dimanche ? 
Souvent, je joue en matinée les dimanches, c’est particulier. Ce sont alors les lundis qui me servent de dimanche, mais la ville, elle, a déjà repris sa semaine. Mon métier m’a finalement toujours fait vivre Paris « à part » ou « à l’envers ». C’est peut-être pour ça que j’aime tant cette ville.
Paris et vous ? 
C’est une très belle histoire d’amitié amoureuse ! Toulouse restera ma ville familiale, avec un attachement presque filial, alors que Paris représente les amis et l’amour. 
Merci Pierre !

 

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