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“Le lion dans la cage” de Noémie Fansten : une pièce qui vaut le coup d’oeil…
Avant d’être une pièce de théâtre, “Le lion dans la cage” est un livre, paru chez Michalon. Mais c’est aussi un exercice bien connu des ophtalmologues et de ceux qui les fréquentent assidûment, comme Noémie Fansten qui a écrit et qui interprète elle-même le récit de son histoire, en ce moment au Thêâtre de la Contrescarpe. 

Noémie Fansten nous conte avec drôlerie, émotion et (beaucoup de) recul son enfance et son adolescence – une période rarement glorieuse pour la majorité des êtres humains, mais là… – “gâchées” par des problèmes de vue aussi sympathiques que le strabisme, l’hypermétropie ET l’astigmatisme. Et qui dit problèmes de vue, dit bien sûr, port de lunettes – à double foyer, évidemment -, qui dit lui-même risée de la classe, rendez-vous fréquents chez l’orthoptiste, le strabologue, l’orthophoniste, aussi. Jusqu’à ce qu’une opération, des rencontres, viennent changer sa vue, et sa vie.

Avec ses mots, Noémie Fansten nous montre qu’avec son immense imaginaire, elle n’a pas besoin d’avoir une vue parfaite pour “voir” les gens, leur donner leur couleur – car elle fait partie de ces 4% de gens capables d’associer des couleurs aux sons, aux chiffres, aux êtres qui l’entourent… -, pour rêver.

Au-delà de son récit de vue, elle nous raconte une époque bercée par la découverte des Smashing Pumpkins, de Nirvana, des séries à la gomme, de la mode des T-shirts et des coiffures improbables. Une période qui s’illustre à travers des projections d’images “vintage”, des passages musicaux endiablés en fond sonore. Elle nous parle de ces moments de solitude qu’on a TOUS – oui, TOUS – vécu au moins une fois : être le dernier appelé par le chef d’équipe, avoir une peau à forte tendance acnéique, des morceaux de fer à la place des dents.

La comédienne est une véritable boule d’amour. En une heure, elle a réussi à nous apprendre des tas de choses sur la vision – projections de schémas qui semblent tout droits sortis de manuels d’SVT à l’appui – sans nous ennuyer, à nous faire aimer des animaux aussi féroces que des lions, à nous charmer avec des noms de stations de métro parisien, à nous émouvoir en nous racontant, avec son cœur, son histoire d’enfant qui s’est longtemps sentie éloignée du monde, ne le voyant pas comme lui.

La mise en scène de Bertrand Suarez-Pazos nous embarque totalement dans l’univers féerique de la comédienne avec les vidéos presque psychédéliques réalisées par Olivier Garouste, les musiques de Cristiàn Sotomayor, ou encore, les passages chorégraphiés.

Vous l’aurez compris, ce spectacle vous aide à voir la vie. Autrement.

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