PlumeChocolat vous parle de “Petit manuel d’engagement politique à l’usage des mammifères doués de raison et autres hominidés un peu moins doués”

J’avais eu l’occasion de découvrir le monde d’Yves Cusset et son talent pour jouer avec les mots il y a de cela déjà 6 ans lors de son spectacle « N’être pas né » où il racontait sa vie (ou ce qu’il voulait bien en faire croire) avec un ton décalé et plein d’humour qui ne laissait pas indifférent. Cette fois, il revient sur scène pour parler de politique avec ce spectacle au nom explicite, certes un peu long, mais qui va bien avec le personnage, qui tente volontiers de faire croire qu’il appartient aux hominidés un peu moins doués, alors que sa fausse candeur cache mal voire pas du tout qu’il est bien un mammifère doué de raison.

Avec son petit manuel d’engagement politique, il nous entraîne avec bonheur sur le chemin de la révolution silencieuse, celle de l’individualisme tous ensemble, où le mutisme si souvent observé est devenu le moyen le plus répandu pour exprimer des revendications éminemment personnelles. Si cette idée de collectif qui se tait bruyamment a de quoi faire sourire, il n’en reste pas moins qu’en mettant à jour les pensées qui s’expriment dans le métro et autres lieux publics, il marque un premier point dans sa quête pour susciter des vocations.

Mais il va évidemment plus loin en nous entraînant dans les arcanes de la droite décomplexée et de la gauche qui n’existe pas ou plus, avec des remarques généralement tout aussi cinglantes que pertinentes. De l’endormissement des neurones des foules laborieuses par la télévision au paradis fiscal des rentiers de naissance, du « blum » social des congés payés au changement « En marche » de la France des gilets jaunes, il n’hésite pas à explorer tous les arcanes de la mobilisation de foules de moins en moins enclines à se révolter. Avec un texte toujours aussi ciselé où les jeux de mots fusent à chaque instant et un charisme qui pourrait le rendre réellement crédible en leader politique, Yves Cusset nous plonge avec délices dans nos convictions et contradictions de citoyennes et citoyens et nous offre un moment assurément plus constructif et drôle que tous les discours de campagne habituellement entendus… sans doute parce qu’il assume d’être un orateur de ville.