SPECTACLES SÉLECTION vous parle de “JE M’APPELLE ERIK SATIE COMME TOUT LE MONDE”

JE M’APPELLE ERIK SATIE COMME TOUT LE MONDE. Texte et mise en scène Laetitia Gonzalbes. Avec Elliot Jénicot et Anaïs Yazit.

Deux personnes viennent de s’échapper d’une maison psychiatrique, un homme d’âge mûr avec son parapluie et une jeune femme, à la robe parsemée d’étoiles. Aucune précision sur leur identité…
Sur la scène très blanche et lumineuse, des parapluies, un bouillon nuageux de tulle, des pétales. Deux tout petits pianos imbriqués l’un dans l’autre. Deux personnages en noir et blanc vont y évoluer sur fond de Gymnopédies d’Erik Satie. Il est à la fois nerveux, ironique et primesautier, elle est, semble-t-il, l’infirmière chargée d’entretenir la conversation de l’après-midi, tout intimidée d’être ainsi en contact avec le grand Erik Satie, qui entreprend dans un récit apparemment chaotique de l’introduire dans son autobiographie. Se déroule alors la fresque haute en couleurs d’une personnalité hors normes, qui vécut dans le Paris des surréalistes, des poètes, des grands musiciens de l’époque, entre autres le Groupe des Six dont il fit partie. La jeune femme lui fait reproche de sa brouille avec Debussy, il évoque ses amours malheureuses, elle mime le nom de gymnopédie qui le rendit célèbre, il se montre fantasque, insaisissable tout autant qu’attendri par cette jeune fille qui pourrait être sa fille. À propos, se pourrait-il qu’elle… ? À qui imputer la folie ?
Toute logique chronologique ou anecdotique est laissée à la porte, les époques s’entrechoquent, les identités virevoltent. Chansons et chorégraphies jumelles s’entrelacent avec leurs dialogues, tandis que sur l’écran en fond de scène se dessinent des silhouettes, des lettres piriformes, des notes mutines qui dansent avec les étoiles. Dans cet univers inclassable et poétique, Elliot Jénicot forme avec Anaïs Yazit un couple contrasté et complice qui confère à cette évocation originale un charme irrésistible. A.D.

 

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