Florence YÉRÉMIAN pour SYMA NEWS vous parle de “FAUSSE NOTE”

Un magnifique duel théâtral 

“Fausse Note”: la nouvelle partition du Théâtre de la Contrescarpe
Un soir de concert, le grand chef d’orchestre H.P.Miller reçoit la visite d’un admirateur répondant au nom de Dinkel. Venu de Belgique, l’homme affiche un air penaud et semble sympathique. Avec maladresse, il demande un autographe au Maestro, revient frapper à sa porte pour une photo, puis s’installe dans sa loge de façon insistante. Agacé par cet hurluberlu, Miller souhaite le chasser mais réalise que sa porte est fermée à clef et que sa ligne téléphonique a été coupée. Inquiet, le Maître comprend alors que cet étrange visiteur l’a pris en otage mais il ne réalise pas encore à quel point cet homme a décidé de faire ressurgir leur passé commun…

Un puissant duel scénique
C’est avec beaucoup de talent et de justesse, que les comédiens Pierre Deny et Pierre Azéma incarnent les personnages de cette sombre histoire. S’affrontant dans un très beau duo scénique – pour ne pas dire un « duel » -, ils tirent l’un après l’autre des cartes obscures et énigmatiques qui vont nous faire lentement cheminer jusqu’aux remparts de Birkenau.
Avec son port altier et sa coutumière élégance, Pierre Azéma est parfait dans son rôle de grand chef d’orchestre. Magnifié par son allure hautaine et sa distinguée queue-de-pie, il toise à ravir son pauvre admirateur jusqu’à ce que celui-ci le fasse déchanter. Son autorité et son flegme se transforment alors en un jeu nerveux et haletant où le Maître va se laisser assaillir par son passé et perdre pied.
Face à lui, Pierre Deny nous livre également une magnifique interprétation évolutive qui passe de l’amabilité à la folie. Laissant disparaître son sourire initial d’admirateur candide, il devient névrosé et révèle alors son vrai visage : celui d’un homme pétri de haine et de douleur, enfin prêt à tout pour rendre justice.

Une mise en scène fort bien ciselée
La mise en scène de Didier Caron est simple mais excellente car elle repose sur une confrontation graduelle et précise où les rôles s’inversent. Durant une heure trente, on assiste à ce basculement des pouvoirs entre ce chef d’orchestre et son admirateur en se demandant quelle est la cause réelle de cette séquestration : Dinkel est-il fou? Est-ce un dangereux psychopathe ? Un musicien refoulé ? Qu’a t’il à reprocher à Miller pour vouloir ainsi le tourmenter ?
Le mystère qui lie ces deux êtres est nourri par de multiples indices et une tension psychologique qui nous porte tout au long de la pièce: une vieille photo, un vêtement empaqueté, un air de Mozart… Dans une mécanique parfaitement ciselée, on passe du mensonge au déni, du déni aux aveux, et l’on finit sur un drame qui s’avère douloureux pour chacun des deux protagonistes.
Nous n’allons pas vous révéler le mystère de cette partition mais sachez que c’est un sans faute qui nous interroge avec subtilité sur le libre arbitre de chacun: à votre avis, sommes-nous vraiment responsables de nos actes lorsque l’on a que seize ans ?…

 

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