TOUTE LA CULTURE vous parle de “WHAT IS LOVE”

« What is Love » au Théâtre de la Contrescarpe, un one woman show mais pas que.
17 AOÛT 2019 | PAR DAVID ROFÉ-SARFATI

Anne Buffet défend son propre texte au Théâtre de la Contrescarpe . Mis en scène par la talentueuse Ariane Boumendil, la comédienne se révèle.  Et son univers drôle et grinçant rencontre son public. 

En 2017 Anne Buffet coécrivait avec Yann Dacosta, une pièce colorée et foutraque sur la prostitution Loveless. Elle  y convoyait une troupe généreuse  dans une mise en scène irrégulière et déroutante. Elle revient aujourd’hui avec un texte plus personnel dont elle a confié la mise en scène à Ariane Boumendil. Celle-ci ajoute sa rigueur  à l’édifice. Le résultat est une pièce robuste et cadencée qui conjugue le one woman show hilarant et la conférence-spectacle édifiante. Anne Buffet y confirme sa puissance comique, son talent de performeuse et son esprit caustique. 
Le public entre et s’installe tandis que la comédienne derrière une porte observe tapie dans ce coin d’ombre. Anne Buffet possède cette vertu de savoir observer ses contemporains. Elle se concentre là pour bondir sur le plateau et pour saisir une salle qu’elle ne lâchera pas tout au long d’une grosse heure de rires. Les adresses au public, les confidences jamais grivoises et toujours touchantes construisent le spectacle.
Une coiffure impossible, des mains tremblantes dans des gants de latex, des lèvres maquillées et une cuisse énergique sur des sneakers de marque déréalisent et construisent un formidable personnage de fiction. Cette podologue, à qui jeune on conseillait de s’occuper de ses pieds, entreprend de nous raconter sa vie amoureuse, de témoigner de ses peines et de ses espoirs. Elle emprunte à la mascarade féminine de la séduction la tricherie et chafouin nous fait rire de nos propres histoires amoureuses. Sa fiction rencontre nos réalités.
Au comble de la mauvaise foi, Anne Buffet a décidé de nous dissuader de l’amour.

Revenue de tout, elle féraille dans une campagne de sensibilisation au danger de tomber amoureux. Le public s’enthousiasme à l’explication des papillons dans le ventre ou à celle du poly-amour. Il s’embrase de rires lors d’une visite dans le monde des princesses de  Walt Disney. La comédienne interroge : Comment tuer l’amour sans tuer personne? Elle est désopilante. Elle mène sa guerre contre l’amour, mais si elle condamne c’est pour mieux rendre hommage; et le spectateur ressort avec une envie incroyable d’aimer. Avec aussi en tête le final inoubliable de Hathor, la déesse égyptienne de l’amour.